Association Française pour le Production Fourragère

Les Actes des Journées Professionnelles

La sécheresse : quels impacts et quelles adaptations pour les systèmes fourragers

Auteurs : Lemaire G.

Mots-clefs :

Acte : Productions fourragères et adaptations à la sécheresse (2007)

Résumé :

La production d'herbe est très dépendante du climat et plus particulièrement de la sécheresse qui engendre de grandes irrégularités dans la production fourragères auxquelles les systèmes d'élevage doivent constamment s'adapter. La perception du risque de sécheresse par les éleveurs se traduit de deux manières. Premièrement, la sécheresse "anticipée", qui correspond à la variabilité de production fourragère à laquelle l'éleveur est historiquement et normalement confronté sur son exploitation. Face à cette variabilité et compte tenu de son amplitude intra et interannuelle, l'éleveur conçoit et configure son système d'élevage et son système fourrager de manière à pouvoir faire coïncider offre et demande fourragère en agissant sur la gestion du pâturage, la constitution de stocks et leur report, et le recours à des fourrages annuels. Deuxièmement, la sécheresse imprévue, c'est-à-dire les évènements climatiques extrêmes qui sortent de la gamme de situations à laquelle l'éleveur est préparé à faire face. Dans ce cas, le système fourrager est souvent impuissant à fournir l'offre nécessaire au troupeau et l'éleveur doit mettre en œuvre des adaptations de sauvegarde : achats de fourrages, de paille et de concentrés, modification du système d'élevage qui peut aller dans des cas extrêmes jusqu'à une décapitalisation. Les systèmes herbagers sont les plus vulnérables à la sécheresse et doivent par conséquent s'adapter constamment au risque d'une année sèche à venir par un chargement modéré au pâturage, qui conduit à une certaine sous exploitation de l'herbe en année favorable et à la constitution de stocks suffisants permettant des reports d'une année sur l'autre. Les systèmes plus intensifs de plaine, qui peuvent faire appel au maïs ensilage en complément de l'herbe pour constituer des stocks de qualité, sont apparamment moins vulnérables. La possibilité de jouer sur la part de maïs vendu en grain permet d'amortir la variabilité de production interannuelle et apporte une flexibilité à ces systèmes. Cependant, dans les régions à sécheresse marquée, où l'irrigation du maïs n'est pas toujours possible et de plus en plus sujette à des restrictions, la variabilité de rendement du maïs du fait de la sécheresse peut être trop importante pour la sécurité des systèmes d'élevage engendrant des coûts insuportables. Il peut apparaître alors préférable de constituer tout ou partie des stocks à partir du sorgho grain ensilé. Cette espèce possède une meilleure efficience de l'eau que le maïs en situation de déficit hydrique, permettant ainsi des productions supérieures lorsque la séchereesse devient importante. Face à des sécheresses dont l'amplitude et la fréquence risquent d'augmenter, la stratégie qui doit dominer est celle de valoriser au maximum l'eau des pluies et des réserves du sol pendant les périodes hivernales et printanières. L'utilisation plus systèmatique de céréales immatures seules ou en mélange avec des légumineuses est une solution à promouvoir. La constitution de stocks de foin de bonne qualité à partir de la luzerne seule ou en mélange avec des graminées doit apporter également des solutions intéressantes dans certaines régions. Enfin, une bonne valorisation de la croissance d'herbe d'hiver par le pâturage doit permettre de réduire la consommation de stocks à cette période de l'année pour les reporter davantage sur la période estivale afin de contribuer à sécuriser les systèmes à moindre coût.

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Dernière mise à jour le
22/10/2018