Numéro #66

15 juin 1976

Les associations graminées-légumineuses

Est-il permis, dans l'état actuel de nos connaissances, de conclure en faveur des associations graminées-légumineuses ?

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Très largement cultivées autrefois, les légumineuses ont vu leur importance diminuer depuis ces quinze dernières années. Les surfaces consacrées aux graminées, par contre, ont considérablement augmenté pendant cette même période. Plus souples d'emploi, ces dernières ont en effet une capacité de production très élevée, à condition cependant de leur appliquer des doses élevées d'engrais azotés, ce qui n'est généralement pas le cas.La crise de l'énergie et des protéines qui nous menace oblige à repenser le rôle des légumineuses dans un assolement fourrager et à réfléchir sur la complémentarité de ces deux grandes familles de plantes fourragères. Cette complémentarité peut en particulier s'exprimer dans une culture d'une graminée associée à une légumineuse, les deux partenaires étant bien sûr choisis en fonction de leur adaptation au milieu. Les nombreuses références expérimentales disponibles soulignent que le rendement en quantité et en qualité de l'association est souvent supérieur à celui de l'un des partenaires, sinon des deux. Par contre, la conduite et la maîtrise de cette culture associée imposent des précautions souvent ressenties comme des contraintes (installation, maintien de l'équilibre entre constituants).
Il convient cependant de ne pas exagérer le problème de l'équilibre entre les constituants de l'association. Le plus important dans l'immédiat serait de définir les valeurs alimentaires d'une association en fonction du pourcentage des constituants et de leur stade de récolte afin de mieux connaître la qualité du fourrage au moment où il est offert aux animaux, à la pâture, après conservation, et de rééquilibrer, si besoin était, leur ration.Si, dans la comparaison culture pure-culture associée, on privilégie la capacité de production, la valorisation de la fertilisation azotée (compte tenu des doses généralement appliquées sur prairies de graminées), la souplesse d'utilisation (surtout par rapport aux légumineuses pures) et la qualité du produit (par rapport aux graminées encore trop faiblement fertilisées), le bilan est assez favorable aux associations.Dans les systèmes fourragers où la prairie joue un rôle important, l'association peut constituer un élément de progrès qu'il ne faudrait pas négliger. 

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Associations or pure stands ?

Legumes were widely cultivated in former times, but their importance has been decreasing these last fifteen years, while on the other hand, the area devoted to grasses has become considerably larger in the same time. The grasses are more flexible to use, and their yield potential is very high, provided they are given enough nitrogen, which is generally not the case.The menacing crisis in energy and proteins makes us have another look at the part played by legumes in a forage rotation and to think of the complementarity of these two families of forage plants. This complementarity may find its expression in the association of one grass end one legume, each partner being of course chosen with reference to its adaptation to the environment. The many data now at our disposal emphasize the fact that quantitatively and qualitatively the yield of the association is often superior to that of one partner, if not of bath. On the other hand, the management and the control of such an associated crop requires special care (establishment, control of the balance between the constituents), a state of things often considered as constraining.The problem of the balance between the constituents should nevertheless not be overrated. The most important thing at present should be rather to ascertain the nutritive characteristics of the association according to the percentage of each constituent and to their growth stage, so as to know the quality of the forage offered to the animals, grazed or conserved, and to be able to correct accordingly their diet, if necessary.When pure stands and associations are compared, priority is given to the yield potential, and if one takes also into account the profitablity of the nitrogenous fertilization (considering the amounts generally given to grass pastures), the flexibility of use (mainly as compared to pure legumes) and herbage quality (as compared to that of grasses still too little fertilized), the outcome is largely in favour of associations.In forage systems where grassland plays a major part, associations may be a factor of progress which should not be overlooked. 

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