Autonomie fourragère et azotée des élevages bovins ultra-marins : un dispositif expérimental pour évaluer les bénéfices de l’introduction de légumineuses dans les prairies de fauche à la Réunion
À la Réunion, l’autonomie fourragère et protéique des élevages de ruminants est devenue un sujet central ces dernières années. De par son insularité, la dépendance aux importations d’intrants (engrais, aliments), et par répercussion les coûts de production, sont plus importants que sur le continent. Une intensification des systèmes herbagers est possible, mais cela ne peut pas se traduire par une importation plus importante d’engrais. Les surfaces fourragères de la Réunion étant composées essentiellement de graminées, cela peut passer par une amélioration de leur efficience azotée, et notamment par l’introduction de légumineuses. Or, il n’existe pas de références locales sur les bénéfices de ces associations en termes de productivité et d’autonomie azotée. Un dispositif expérimental a été mis en place afin d’évaluer les bénéfices agronomiques et environnementaux de l’introduction de légumineuses dans les prairies de fauches du littoral. Le dispositif met un focus sur l’azote. Deux facteurs sont étudiés : la composition floristique de la prairie, avec un gradient de diversité du couvert et de présence de légumineuses, et le niveau de fertilisation azoté, avec un apport ou non d’azote après chaque coupe. Six traitements associant ces facteurs sont testés. L’essai met en comparaison une prairie de graminée classique de la Réunion (Chloris gayana), à une association simple, présente, mais peu documentée (Chloris gayana, Médicago sativa), et une association complexe originale, associant des espèces présentent à la Réunion, ayant été évaluée en fauche par le passé, et compatibles en association (Chloris gayana, Paspalum dilatatum, Medicago sativa, Desmodium intortum, Macroptilium atropurpureum, Neonotonia wightii). Un dispositif en bloc factoriel, à deux facteurs, et quatre répétitions, a été mis en place en juin 2024. Le protocole permet le suivi l’évolution de la flore, la productivité des prairies, et la valeur alimentaire et minérale du fourrage produit. Il évalue également la nutrition azotée, phosphatée, et potassique des prairies, ainsi que la fertilité chimique et biologique des sols. Les données obtenues serviront à évaluer si l’introduction de légumineuse dans les prairies, est un levier technique suffisant pour améliorer l’autonomie fourragère et azotée des élevages bovins de la Réunion.
Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique
Auteurs
- MIRALLES MAEVA
- Pellie Yohan
- Lauret Mathieu
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