Bilan de 10 années d’essais sur la composition des associations RGI-légumineuses et méteils
Depuis dix ans, un dispositif d’essais évalue les performances des associations Ray-grass italien–légumineuses et des méteils avant maïs. Les essais sont conduits sur deux parcelles distinctes, implantées en bandes de 30 à 50 ares sans répétition et récoltées en conditions d’exploitation. Les rendements et les valeurs alimentaires sont évalués pour chaque modalité. Les données climatiques, la fertilisation et les conditions d'implantation sont prises en compte pour interpréter les résultats.
L’analyse sur 10 ans montre une stabilité des rendements des associations RGI–légumineuses, qui se situent autour de 7,5 à 7,7 t MS/ha en cumul de deux coupes, quelle que soit la proportion de ray-grass. En revanche, la MAT varie fortement selon la composition. Les mélanges avec plus de 50 % de RGI présentent en moyenne 15 % de MAT. Les RGI purs affichent une MAT plus faible de 2 à 3 points, mais ils conservent de meilleures valeurs énergétiques, avec 0,94 UFL en moyenne contre 0,89 UFL pour les associations. Les mélanges intégrant davantage de légumineuses (>65% du mélange), notamment les vesces et certains trèfles, se distinguent par des taux de MAT plus élevés, 15,9 % en moyenne. L’étude confirme également des liens entre performances et facteurs climatiques : le rendement augmente avec la pluviométrie et la somme de températures, tandis que la MAT diminue. La fertilisation azotée, quant à elle, améliore la MAT sans réduire la proportion de légumineuses.
Concernant les méteils, les essais révèlent une grande variabilité en termes de productivité et de valeurs alimentaires. Les mélanges avec une forte proportion de céréales ont les rendements les plus élevés, en moyenne proches de 5 tMS/ha, mais avec des valeurs protéiques plus faibles, autour de 13 %. Les mélanges intégrant plus de 70% de protéagineux et/ou de légumineuses, produisent des niveaux de MAT nettement supérieurs, proches de 18 %, avec un rendement moyen de 4,2 tMS/ha. Pour ce qui est des valeurs UFL, les méteils ont des valeurs comprises entre 0,62 et 0,79. Les méteils contenant du seigle présentent souvent les valeurs les plus faibles, le seigle étant une céréale précoce.
Au final, dix ans d’expérimentation convergent vers les mêmes conclusions : la proportion de légumineuses et la précocité de la récolte sont les leviers déterminants pour sécuriser la production, optimiser la valeur alimentaire et améliorer l’autonomie fourragère des systèmes. Un compromis est cependant à trouver entre le rendement et la qualité en fonction des besoins des animaux destinataires de ces fourrages.
Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique
Auteurs
- CHAPUIS Denis
- Jeannin Laurine
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