Effet de la composition botanique de la prairie temporaire précédant un blé de printemps sur le rendement de ce dernier
Dans la rotation des cultures, l’un des nombreux rôles des prairies temporaires contenant des légumineuses est d’apporter de l’azote au système grâce à la fixation symbiotique de l’azote. Toutefois, la composition botanique de ces prairies pourrait également influencer
l’azote résiduel disponible pourla culture suivante par d’autres mécanismes, tels que les quantités d’azote prélevées dans le sol durant la phase en herbe ou encore la dégradabilité des résidus organiques (chaumes etracines). Que peu d’essais ont étudié l’effet des proportions de graminées, légumineuses et dicotylédones non légumineuses dans les mélanges prairiaux sur l’azote résiduel et le rendement de la culture suivante. Quantifier cet effet constituait l’objectif de l’étude présentée ici.
L’essai a été conduit en 2023–2025 sur un sol profond. Nous avons utilisé un design expérimental de type « simplex » et six espèces : deux graminées (Lolium perenne L. et Phleum pratense L.), deux légumineuses (Trifolium repens L. et T. pratense L.) et deux dicotylédones non légumineuses (Cichorium intybus L. et Plantago lanceolata L.). La fertilisation azotée s’élevait à 120 kg N ha⁻¹ an⁻¹ sur la prairie. Le dispositif « simplex » était doublé afin de permettre une fertilisation azotée de soit 40 soit 100 kg N ha⁻¹ sur la culture suivant la prairie temporaire qui était un blé de printemps. Le semis du blé a été réalisé après destruction de la prairie au glyphosate en sortie d’hiver. Le rendement du blé était positivement corrélé à la part de légumineuses dans la prairie précédente, résultat principalement attribuable à l’apport d’azote dans le système par la fixation symbiotique. Lors d’un essai préliminaire, le développement de la céréale a été entravé par un printemps particulièrement sec, entraînant des rendements nettement inférieurs aux moyennes habituelles sous nos conditions, ainsi qu’une quantité d’azote résiduel non négligeable dans le sol au moment de la récolte du blé.
Dans l’essai présenté ici, les rendements ont été nettement plus élevés et l’effet positif des légumineuses s’est confirmé, tant avec 40 qu’avec 100 kg N ha⁻¹ appliqués sur le blé. Le rendement obtenu avec 40 kg N ha⁻¹ et une prairie contenant 50 % de trèfle était équivalent à celui obtenu avec 100 kg N ha⁻¹ et une prairie contenant 20 % de trèfle. Par ailleurs, les rendements de blé après dicotylédones non légumineuses étaient supérieurs à ceux observés après graminées, mais inférieurs à ceux observés après légumineuses. Les niveaux d’azote résiduel à la sortie de l’hiver après dicotylédones non légumineuses se situaient également à un niveau intermédiaire entre graminées et légumineuses. En conclusion, augmenter la part de légumineuses dans la prairie temporaire permet de remplacer une partie significative de la fumure de la culture suivante par l’azote apporté au système par la fixation symbiotique. Comparées aux graminées, les dicotylédones non légumineuses favorisent également le rendement de la culture suivante.
Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique
Auteurs
- HUGUENIN-ELIE OLIVIER
- Klötzli Julie
- Bendalam Prasanth
- SUTER M.
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