Brins d'herbe
Journées de printemps 2026

Fertilisation estivale des prairies de fauche en Wallonie

L’impact de la fertilisation minérale estivale a été étudiée sur des prairies permanentes de fauche en Wallonie. L’objectif est d’évaluer l’efficacité, la rentabilité et l’impact sur le stock d’un apport d’engrais en « fin de saison », alors que le sol connait généralement un nouveau pic de minéralisation. Plus largement, dans un contexte où les sécheresses estivales (et aussi parfois printanière) peuvent être très impactante, il apparait pertinent de s’interroger sur de possibles gains de rendement en arrière-saison, pouvant alors sécuriser un stock plus faible que prévu.
4 prairies sont étudiées dans des contextes pédoclimatiques différents mais sont toutes des prairies conduites de manière relativement intensives : fertilisation organique et minérale importante en début de saison et entre 4 et 6 fauches annuelles.

2 modalités de fertilisation sont comparées à un témoin sans engrais : 30 unités de N/ha, 30 unités de N et 45 unités de K/ha. Ces modalités sont répétées 3 fois sur chaque parcelle. L’engrais est épandu manuellement durant le mois d’aout, avant des précipitations évaluées à 10mm.

L’essai est conduit en 2024 et 2025 sur les mêmes parcelles, mais à des endroits différents au sein de celles-ci. L’essai continuera en 2026 pour préciser les résultats. En 2024, l’apport de N a permis une augmentation du rendement de 420 kg de MS/ha et le supplément potassique a encore ajouté 200 kg de MS/ha. Les résultats de 2025 montrent un gain de rendement relatif du même ordre, mais avec des rendements de base un peu plus faible : 1,79 tonne de MS/ha et 1,25 tonne de MS/ha pour les témoins en 2024 et 2025 respectivement (pour la coupe suivant la fertilisation). La qualité ne diffère pas entre les modalités.

Si on ajoute la composante économique à la réflexion, l’intérêt d’une fertilisation est tout relatif ; le bénéfice est quasi nul et la volatilité du prix de l’engrais rend toute anticipation compliquée. Cela s’explique aisément par la faible valorisation de l’engrais (que l’on peut estimer sur base des exportations ainsi que sur les indices de nutrition). De ce fait, une réflexion environnementale doit être posée dans des zones où la qualité de l’eau est sensible.
Au final, la fertilisation estivale peut être un levier pour assurer un stock fourrager lors d’années compliquées mais son application de manière courante ne semble pas pertinente.

Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique

Auteurs
- FARINELLE ARNAUD
- KNODEN DAVID

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