Brins d'herbe
Journées de printemps 2026

Fertilisation potassique et apport de gypse sur des prairies au ratio K/Mg déséquilibré

En Wallonie, de nombreuses prairies présentent un déséquilibre de leur ratio K/Mg dans le sol, avec un excès de magnésium. Les carences en potassium sont donc fréquentes, impactant le rendement des prairies mais aussi leur robustesse face aux aléas climatiques prenant la forme de longues périodes de sécheresse et d’épisodes caniculaires. Cette situation s’observe également dans certaines régions du Nord-Est de la France.

Stopper les apports de magnésium ne suffit pas à résoudre ce problème ; les exportations de cet élément par les prairies sont faibles et il faudrait plusieurs dizaines d’années pour appauvrir le sol suffisamment. Plusieurs études démontrent qu’augmenter les teneurs en potassium d’un sol peut s’avérer compliqué, long et coûteux ; d’autant plus sur des prairies de fauche avec des besoins importants en potassium.

Le gypse, qui est un sulfate de calcium, pourrait être une piste de solution. Le sulfate de ce produit pourrait mettre en solution le magnésium du sol, l’entrainant alors en profondeur par lessivage. Ce dernier est alors remplacé sur la CEC par le calcium. Dans ce cas, la réduction de la teneur en Mg permet le rééquilibrage du ratio K/Mg. Le gypse est fréquemment utilisé pour ses propriétés de mise en solution de cations sur des sols à désaliniser, mais son utilisation dans ce contexte n’a pas encore été étudié.

4 prairies permanentes de fauche, dans des contextes pédo-climatiques et avec des méthodes de gestion différents, sont étudiées en 2025 (2 en France, 2 en Wallonie).Dans tous les cas, des doses croissantes de gypse sont testées (0, 1 tonne/ha, 2 tonnes/ha) dans un dispositif croisant ces facteurs avec différents apports de potassium (0, 100 unités/ha, 200 unités/ha). Il y a donc un total de 9 modalités, répétés 3 fois sur chaque parcelle.

L’apport de gypse n’a pas eu d’effet sur les rendements de première coupe. Le potassium a permis un gain de rendement mais l’apport de 200 unités n’a pas amené de gain supérieur. En termes de qualité, la seule différence notable concerne les teneurs en soufre plus élevée dans les modalités avec le gypse. On peut d’ailleurs pointer que ces teneurs restent plus élevées tout au long de la saison, laissant supposer une dégradation « lente » du gypse, pouvant aussi expliquer l’absence d’effet sur le rendement des premières coupes.
Le suivi de cet essai une seconde année permettra probablement d’affiner l’analyse des résultats.

Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique

Auteurs
- FARINELLE ARNAUD
- Stifkens Antoine
- Vincent Sébastien
- David Julien
- KNODEN DAVID

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