Brins d'herbe
Journées de printemps 2026

Le sorgho mono-coupe, un levier pour sécuriser la production fourragère des systèmes d’élevage bovins face au changement climatique ? Une ressource adaptée à l’engraissement de génisses allaitantes ?

Le changement climatique accroît la fréquence des sécheresses, des canicules et des situations de déficit hydrique, rendant plus incertaines les productions fourragères estivales. Dans ce contexte, le sorgho apparaît comme une culture d’intérêt pour sécuriser l’alimentation des troupeaux, notamment en zones où les sols présentent une réserve utile limitée. Plante en C4 originaire des régions sahéliennes, le sorgho dispose d’un système racinaire dense et profond lui permettant une bonne valorisation de l’eau ainsi qu’une capacité à réguler son évapotranspiration. Ses besoins hydriques totaux, de l’ordre de 400 à 500 mm, sont inférieurs de 30 à 40 % à ceux du maïs, ce qui lui confère une meilleure résilience face au stress hydrique.

Depuis 2021, la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire évalue à Ferm’inov (Jalogny, 71) plusieurs variétés de sorgho monocoupe, comparées à un maïs ensilage témoin. Le dispositif expérimental couvre cinq années climatiques fortement contrastées, permettant d’observer les réponses des différentes variétés aux variations de pluviométrie, aux épisodes de sécheresse ou aux fortes chaleurs. Les objectifs sont d’estimer le potentiel de rendement, la précocité et la qualité alimentaire (UF, PDI) de plusieurs variétés de sorgho, mais aussi d’identifier celles les plus performantes en Saône-et-Loire face au changement climatique.

Les premiers enseignements montrent une forte variabilité entre variétés : certaines présentent un rendement et une valeur alimentaire proches du maïs, tout en offrant une meilleure stabilité de production dans les années sèches. D’autres valorisent particulièrement bien les conditions difficiles, mais avec des valeurs alimentaires légèrement plus faibles. L’étude permet ainsi de positionner les variétés selon les contraintes hydriques et les objectifs d’utilisation des éleveurs.

Enfin, des essais d’intégration du sorgho dans des rations d’engraissement de génisses allaitantes complètent le dispositif. Ils visent à évaluer les performances zootechniques et économiques, mais également à accompagner la relocalisation de l’engraissement, enjeu essentiel pour maintenir les outils d’abattage locaux. Ces résultats apportent des éléments concrets pour renforcer la résilience et l’autonomie des systèmes d’élevage en Bourgogne Franche-Comté.

Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique

Auteurs
- RIBEIRO LOUISE
- CHAPUIS Denis
- Villard Antoine
- Demarbaix Adrien

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