Maximiser l’autonomie protéique des vaches laitières avec des ensilages de luzerne, d’herbe et des graines de soja crues
Dans un contexte de dépendance croissante aux protéines importées, notamment au soja, l’autonomie protéique des élevages laitiers constitue un enjeu stratégique pour la durabilité et la souveraineté alimentaire. Le projet « Luzerne et herbe de qualité » a été mené sur l’exploitation du lycée agricole de Fontaines, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire. L’opportunité de valoriser de la luzerne produite localement par des céréaliers permet de réduire la dépendance aux tourteaux et de diversifier la ressource fourragère en réduisant la part de maïs ensilage. L’objectif était d’évaluer les effets zootechniques, économiques et organisationnels d’une substitution totale de l’ensilage de maïs par une association d’ensilage de luzerne, d’herbe et de maïs épi, puis de remplacer le tourteau acheté par des graines de soja crues autoproduites.
Trois campagnes expérimentales (2023-2025) ont été réalisées sur des vaches Montbéliardes réparties en lots témoins et expérimentaux. Les essais ont mesuré les quantités ingérées, la production laitière, la composition du lait et les coûts alimentaires. De plus, l’état corporel des vaches a été suivi par le biais de NEC et de pesées. Les deux premières années, la ration expérimentale, à base de luzerne, d’herbe et de maïs épi ensilés, a permis d’augmenter la production laitière, malgré une baisse modérée du taux protéique. La troisième année, le remplacement du tourteau par des graines de soja crues a renforcé l’autonomie protéique tout en maintenant des performances supérieures à la ration témoin, bien qu’une nouvelle diminution du taux protéique ait été observée. L’ensemble du dispositif montre que l’association luzerne-herbe-maïs épi constitue une alternative viable pour réduire les intrants achetés sans pénaliser la production.
D’un point de vue économique, la ration expérimentale présente des coûts légèrement supérieurs au 1 000 L, mais elle améliore la résilience du système face aux fluctuations du marché des tourteaux grâce à une marge sur coûts alimentaires plus élevée. L’analyse conclut que la diversification des ressources fourragères, l’intégration de légumineuses et l’autoproduction de protéines constituent des leviers efficaces pour accroître l’autonomie et la durabilité de l’exploitation. En revanche, il est important de noter que ce système engendre un besoin en surfaces supplémentaire, une multiplication des chantiers de récolte et donc un temps de travail supplémentaire.
Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique
Auteurs
- CHAPUIS Denis
- Jeannin Laurine
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