Miser sur les plantes fourragères pour renforcer la résilience des systèmes de grandes cultures au Québec
Plusieurs problèmes de santé de sols au Québec, Canada, ont été diagnostiqués récemment, principalement sous forme de compaction et de détérioration de structure. Ces problèmes sont observés majoritairement dans les sols sous cultures annuelles par rapport aux sols sous cultures pérennes ou cultures annuelles avec des cultures de couverture (CC) en associée. Afin de démontrer l’importance des plantes fourragères (PF) dans l’amélioration de la santé des sols, deux études ont été menées dans deux contextes pédoclimatiques différents au Québec, où l’impact de l’intégration des PF (annuelles ou pérennes) ou des CC dans des rotations de grandes cultures sur la santé du sol et la rentabilité économique, a été comparé à des rotations annuelles classiques.
La première étude a été menée de 2020 à 2022 dans la région du Bas-Saint-Laurent, sur un site où différentes intensités de travail de sol ont été réalisées depuis plus de 30 ans. Les résultats de cette étude ont démontré que l’intégration de PF et de CC dans les rotations a rapidement amélioré la santé du sol indépendamment de l’intensité de travail du sol. Elles ont, entre autres, remédié à la détérioration de la structure du sol comparé au travail de sol plus intensif, avec des effets bénéfiques sur la stabilité structurale du sol. La combinaison du semis direct et des PF a eu un effet synergique sur la réserve en eau utile du sol, ce qui pourrait augmenter la résilience des cultures à la sécheresse. Dans le cadre de cette étude, adopter le semis direct ou le travail réduit, combiné à l’intégration des PF et des CC était une stratégie efficace pour améliorer la santé du sol et la résilience des systèmes de productions céréalières en région périphérique.
Dans la deuxième étude, six rotations simples et diversifiées intégrant des PF pérennes ou des CC, ont été mises en place en 2024 en Montérégie, afin d’être comparées sur une durée de quatre ans. Plusieurs paramètres physiques, chimiques et biologiques du sol sont à suivre tout au long du projet, avec une évaluation des rendements et de la qualité des cultures principales. Le stock du carbone séquestré dans le profil du sol sous les différentes rotations ainsi que la rentabilité économique seront déterminés à la fin de l’essai. Les résultats de ce projet permettront de démontrer les bénéfices agroenvironnementales et économiques de l’intégration des PF pérennes dans les rotations de grandes cultures.
Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique
Auteurs
- Abdi Dalel
- Bipfubusa Marie
- Maillard Emilie
- Akpakouma Ayitre
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