Brins d'herbe
Journées de printemps 2026

Quels indicateurs pour qualifier l’efficience de production de protéines en élevages bovins lait et viande ?

Dans un contexte de croissance démographique et de ressources planétaires limitées, l’élevage bovin occupe une place clé dans l’alimentation humaine. Il est cependant confronté au défi majeur de produire tout en limitant la concurrence entre l’alimentation des animaux et celle des populations humaines. A ce titre, les ruminants sont fréquemment critiqués et présentés comme peu efficients dans la production de protéines.

Les objectifs du projet Interreg Proscor sont ; (1) développer des indicateurs permettant de positionner des exploitations en termes d’efficience de production de protéines et d’utilisation des surfaces ; (2) faire travailler des groupes d’éleveurs sur les indicateurs pour les préciser et nourrir la réflexion autour de cette thématique ; (3) diffuser un outil simple permettant d’estimer l’efficience d’une exploitation et d’identifier des pistes d’amélioration. Deux groupes d’éleveurs bovins lait (9 exploitations françaises et 8 suisses) et deux groupes d’éleveurs bovins viande (5 exploitations françaises et 7 suisses) ont été constitués, et leurs données pour l’année 2023 ont été collectées. À partir de l’état de l’art et de discussions menées avec les éleveurs, cinq indicateurs ont été retenus pour caractériser au mieux l’efficience protéique et l’utilisation des surfaces.

Ce poster se focalise sur deux indicateurs : l’efficience protéique nette (EPN), qui indique l’efficacité de conversion de protéines végétales en protéines animales consommables par l’Homme, et le rendement protéique net de l’atelier (RPA), qui exprime la quantité de protéines animales produites à partir des surfaces de l’exploitation, en excluant les aliments importés. Les indicateurs sélectionnés permettent de différencier les exploitations et de mettre en évidence leurs qualités et leur marge de progrès. Ainsi, nous avons mis en évidence que l’alimentation des bovins est peu en compétition avec celle des humains lorsque les animaux ingèrent essentiellement de l’herbe et quelques coproduits, comme le tourteau de colza ou les drêches de céréales. Ces résultats montrent, qu’avec une bonne gestion des surfaces fourragères, il est possible d’être à la fois efficient et productif. Les éleveurs ont pu s’approprier cette approche multicritère pour proposer des leviers d’amélioration sur leurs systèmes, à travers des changements dans l’alimentation des animaux ou encore dans la gestion des surfaces fourragères.

Journées de printemps 2026 Rôle des prairies et des fourrages dans la transition agroécologique

Auteurs
- Fazzari Maud
- AEBY Pierre
- Ollion E.
- BEAT REIDY

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