Numéro #129

15 mars 1992

Numéro non thématique

Indicateurs pour la gestion de l'azote dans les systèmes de culture incluant la prairie temporaire de fauche

auteur : Loiseau P. - | co-auteurs : El Habchi A. - Triboï E. - de Montard F.X. -

L'aptitude du sol à fournir de l'azote minéral diminue avec l'âge des prairies temporaires de fauche (fétuque élevée) recevant des apports constants d'azote. La lixiviation d'azote représente 84 à 105 kg N/ha/an l'année du semis, seulement 1 à 10% des apports l'année suivante, et presque rien au-delà. A apports constants, des quantités d'azote croissantes sont stockées dans le sol au fil des ans. Le renouvellement de la prairie apparaît alors nécessaire.
La minéralisation mesurée par la lixiviation en sol nu après le retournement représente 205 à 307 kg N/ha/an en fonction des apports précédents de lisier ; les apports précédents d'azote minéral sont sans influence. Elle dépasse de 80 à 100 kg N les quantités minéralisées sous un précédent de culture annuelles. En présence de la céréale suivante, le taux de lixiviation de l'azote minéral disponible est de 13% et le taux d'organisation de 47%. Le précédent prairial ne modifie pas ces taux mais seulement la quantité d'azote minéral disponible.
Sur période de 19 ans de rotation prairie temporaire/céréales, le bilan apparent du sol s'annule pour des apports azotés moyens de 256 kg N/ha/an. Le sol organise apparemment 49% et perd 8% des apports contre respectivement 41% et 19% dans une rotation exclusivement à base de cultures annuelles. Mais des pertes supplémentaires ressortent du bilan réel calculé à partir des mesures de l'azote du sol entre 0 et 20 cm.
La diminution des récoltes d'azote dans la fétuque élevée à apport constant d'azote se produit soit régulièrement, soit uniquement entre l'année suivant le semis et les années ultérieures. Pour un niveau d'apport donnée, la production d'une prairie âgée dépend de la fertilisation qu'elle a reçu dans son plus jeune âge. Une intensification raisonnée des apports est capable de prolonger la carrière de la prairie et de diminuer la fréquence des retournements. Un raisonnement pluri-annuel des fumures azotées est proposé conciliant la rentabilisation des apports et la qualité des eaux de drainage.

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