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Revue numéro #263 - 2025témoignage

La multiplication de semences fourragères dans les systèmes d’élevage : intérêts économiques et agronomiques

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La multiplication de « semences fourragères et à gazon » regroupe deux familles principales de plantes fourragères : les légumineuses (32 000 ha de multiplication de semences, principalement la luzerne) et les graminées (11 000 ha de multiplication de semences). Les porte-graines fourragers trouvent toute leur place dans les exploitations d’élevage. La finalité même des cultures, la semence fourragère, indique leur intérêt pour l’éleveur. Deux principaux modèles d’exploitations souscrivent des contrats de multiplication de semences fourragères : les exploitations de polyculture élevage (principalement dans le Centre et l’Ouest de la France) et des exploitations de grandes cultures (Nord-Est et Sud-Ouest de la France).

Il existe de nombreuses connexions entre les pratiques d’élevages et la multiplication de semences. Le premier, et le plus évident, est l’utilisation des effluents d’élevage pour amender les parcelles de multiplication. Les espèces de graminées sont particulièrement sensibles à l’apport azoté. Par exemple, en moyenne, les multiplicateurs de semences de dactyle apportent 150 unités d’azote pour une bonne croissance. Les multiplicateurs qui n’ont pas d’atelier d’élevage sur l’exploitation procèdent souvent à des échanges entre les pailles issues des précoupes de régularisation des productions de semences contre les boues d’élevage. En effet, les précoupes sont intéressantes pour les éleveurs, avec des bonnes valeurs fourragères.

Par ailleurs, les éleveurs qui produisent des céréales dans le cadre de la fabrication d’aliments à la ferme peuvent trouver dans les cultures de fourragères porte-graine de très bons précédents, notamment les légumineuses (luzerne, trèfles, vesce, etc).

“Fodder and turf seed” growing covers two main families of forage plants: legumes (32,000 ha of seed growing, mainly alfalfa) and grasses (11,000 ha of seed multiplication). Forage seed productions have their place on livestock farms. The very purpose of these crops - forage seed - indicates their interest in livestock farmers. There are two main types of farms that subscribe to forage seed multiplication contracts: mixed livestock-crop farms (mainly in central and western France) and main crop farms (in north-eastern and south-western France).
There are many connections between breeding practices and seed growing. The first, and most obvious, is the use of livestock residues to amend seed growing plots. Grass species are particularly sensitive to nitrogen inputs. For example, on average, cocksfoot seed growers provide 150 units of nitrogen for good growth. Seed growers who don't have a livestock operation on their farm often exchange straws from seed production precuts for livestock slurry. In fact, livestock precuts are of interest to farmers with good forage values.
In addition, livestock farmers who produce cereals as part of their on-farm feed production may find that seed-bearing forage crops are very good precedents, particularly legumes (alfalfa, clover, vetch, etc.).

COLCOMBET L. (2025). La multiplication de semences fourragères dans les systèmes d’élevage : intérêts économiques et agronomiques, Fourrages 263, 53-57. https://afpf-asso.fr/177@2471