Numéro #230

13 juillet 2017

Le pâturage au coeur des systèmes d'élevage de demain (II)

L’attrait économique du pâturage malmené par l’évolution des structures laitières. Un exemple avec le réseau €colait®

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Le réseau €colait® France représente un échantillon de 764 ateliers bovins lait (dont 111 avec robot de traite). En 2015, le pâturage ne dépasse 10% de la ration de base annuelle en moyenne que dans les élevages de moins de 50 vaches, les élevages de montagne et ceux en agriculture biologique. En 12 ans (2004-2015) on observe diminution moyenne de 50% de l'herbe pâturée par vache, parallèlement à une augmentation de 50% du volume de lait produit par UMO consacrée au lait.Les coûts de production calculés sur un échantillon de 314 ateliers (bovins lait de plaine en conventionnel en 2015) montrent un écart favorable aux systèmes pâturants (+ 8 000 € de revenu disponible/UMO lait).A dire d'experts, de nombreux aspects conduisent beaucoup d'éleveurs à préférer une conduite plus standard et mieux maîtrisée avec peu de pâturage pour les laitières : le temps de travail supplémentaire qu'exige pour eux le pâturage, le problème d'éloignement des parcelles pâturables et des chemins d'accès, le manque de régularité de la ration, les incitations aux vêlages d'été, l'introduction de robots de traite et de méthaniseurs, la technicité exigée par le pâturage, la concurrence avec les travaux des champs...

DERAEDT M., CHEVET B., MATHIEU P. & al., 2017. L’attrait économique du pâturage malmené par l’évolution des structures laitières. Un exemple avec le réseau €colait®. Fourrages n°230, p. 101-109.

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The economic appeal of grazing is ignored as dairy structures change: the example of the €colait® France network

Here, we examined a sample of 764 dairy cow units belonging to the €colait® France network for which diverse data were collected. On these farms in 2015, grazed grass never represented more than 10% of the mean basic annual diet. The only exceptions were operations with fewer than 50 cows, highland farms, and organic producers. Over a 12-year period (2004–2015), there was a mean 50% decrease in the grazed grass consumed per cow and a mean 50% increase in the amount of milk produced per dairy-specific labour unit. This result seems surprising because, in 2015, production costs on conventional flatland dairy farms favored the use of grazing systems (+8,000€ of disposable income per dairy-specific labour unit). According to experts, there are many reasons why most farmers prefer more conventional and better controlled practices, which involve little grazing.

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