Numéro #108

15 décembre 1986

Numéro non thématique

Contribution énergétique des surfaces en herbe dans le bilan fourrager des exploitations d'élevage. Estimations résultant d'une enquête nationale sur les prairies

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L'inventaire fourrager national est généralement dressé avec la méthode des bilans qui consiste à ajuster les ressources et les emplois calculés à partir de données statistiques annuelles. Les ressources herbagères, classées dans les produits non commercialisables et pour lesquelles les statistiques étaient jusqu'à présent très modestes et peu loquaces, risquent, avec cette méthode des bilans, d'être considérées comme un reliquat (ainsi que les surfaces en herbe) et de subir fortement les effets de l'ajustement des ressources aux emplois ; les ressources herbagères ont donc de fortes chances de se voir affecter toutes les erreurs commises lors du calcul des autres postes, mieux connus, du bilan.Une enquête nationale sur les prairies a été réalisée en 1982 sur un échantillon d'exploitations et avec un questionnaire intéressant à la fois la totalité des prairies de chaque exploitation enquêtée et les données générales la concernant (Surface Fourragère Principale, cheptel, etc.) ; le plan de sondage, qui a tenu compte d'un zonage préalable pour tenter de respecter la diversité herbagère intra-départementale, l'introduction de la notion de potentiel technique et de coefficients techniques d'utilisation (C.T.U.) ont conduit à une estimation de la production, exprimée en matière sèche, des différentes catégories de prairies que l'enquête a permis de mieux définir. Cette production a été transformée en Unités Fourragères (U.F.) à l'aide de normes généralement admises. Pour les autres ressources fourragères de l'exploitation, on a réalisé l'estimation de leur production en utilisant les surfaces connues par voie d'enquête, les niveaux moyens de production fournis par les experts locaux et en appliquant les normes classiques de valeur énergétique.Les calculs réalisés permettent de situer l'importance de l'apport énergétique des différentes catégories de prairies dans l'inventaire fourrager calculé à un niveau national, régional et départemental pour l'ensemble des exploitations d'élevage et pour les exploitations à orientation économique Bovins-lait. Les résultats départementaux sont présentés sous forme de cartogrammes établis après avoir regroupé les données élémentaires par classe de valeur. Ce procédé évite de prendre ces données comme des valeurs absolues; il insiste, au contraire, sur les tendances qu'elles reflètent. Les résultats sont commentés et analysés à la lumière du bilan fourrager dont le calcul a été rendu possible grâce à la méthode d'enquête retenue.Au niveau national, on constate, grâce à cette méthode d'analyse des données que: l'ensemble des prairies apporte 62 % du total des ressources énergétiques recensées en 1982; les surfaces toujours en herbe (5TH.) en apportent à elles seules 40 % ; la contribution énergétique des prairies temporaires est de 18,2 % et celle des prairies artificielles de 3,7 %. L'écart entre les ressources et les emplois calculés, exprimé en pour cent des ressources, est de 13 % au niveau national. Les connaissances apportées par cette enquête nationale inédite sont particulièrement précieuses pour aider à situer le rôle économique des prairies dans "élevage français et pour guider la réflexion sur les possibilités d'évolution du secteur herbager. 

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Energy contribution of grasslands to the forage budget of livestock farms : evaluation resulting from a national survey of grasslands

The French national forage inventory is usually carried out using the balance method which consists in adjusting available resources to requirements calculated from yearly statistics. Herbage resources have been assigned to the category of non-marketable products, and yearly statistics relating to them were until now scarce and superficial : in the balance rnethod, they therefore run the risk of being considered as residual (as well as the surfaces under grass) and of being strongly misrepresented in such an adjustment of resources to needs. Hence it is quite likely that grass resources will cumulate ail the errors involved when calculating other, better known items in the budget.A national survey of grasslands. based on a sample of farms, was undertaken in 1982 using a questionnaire relating to ail the pastures on the surveyed farms as well as general associated data (Main Forage Area, Livestock ... ). The sampling design, based on a preliminary zoning which attempted to take account of the pedo-c1imatic diversity within a French department, and the notions of technical potential and of technical coefficient of utilization ("coefficient technique d'utilisation". C.T.U.) introduced in the survey, provided an estimate of production, expressed as tons of dry matter, of the different grassland categories which the survey enabled us to better define. This production was converted into Forage Units using generally accepted norms. The production of other forage resources on the farm was estimated using the surfaces recorded in surveys, data on average production levels also provided by local experts, and by applying the conventional norms of energy value.These calculations have enabled us to find out the proportion of energy contributed from each category of grassland in the forage survey established at national. regional and departmental level for the totality of Iivestock farms and for farms with a dairy cattle orientation. Results were mapped at department level after the elementary data had been grouped in value classes. With this method, the risk of using these data as absolute values can be avoided; it emphasizes on the contrary the trends which these data reflect. Results are commented and analysed in the light of the forage balance which the survey method used enabled us to calculate.At national level, this method of data analysis shows that: grasslands taken as a whole contribute 62 % of total energy resources recorded in 1982; areas under permanent grass (" surfaces toujours en herbe" 8TH.) alone contribute as much as 40 % of these resources. Energy from temporary grass amounts to 18.2 % and from artificial grasslands. to 3,7 %. The discrepancy between resources and the calculated requirements expressed as a percentage of resources is 13 %.The information provided by this original national survey is particularly valuable when attempting to define the economic role of grasslands in French Iivestock production and may help guide our thinking on the possibilities of evolution of the grassland sector. 

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