Numéro #19

15 septembre 1965

Numéro non thématique

Les techniques de fertilisation des prairies

Un mouvement d'intensification de la fumure des prairies se dessine dans tous les pays ; il est presque toujours associé à une amélioration des conditions d'exploitation. Tout en obéissant aux mêmes règles que celles de toutes les plantes cultivées, cette fumure soulève quelques problèmes particuliers. Pour les prairies à flore complexe, les exportations représentent des moyennes pour l'ensemble des espèces composantes ; il a été suggéré de tenir compte simplement de celles d'un groupe de plantes, les graminées par exemple, ou les espèces dignes d'être favorisées. Ce système est celui qui prévaut à l'égard des prairies temporaires. Le mode d'utilisation a des incidences sur les exportations, d'où la distinction entre prairies de fauche et prairies pâturées, mais des attitudes diverses sont prises quant à l'appréciation de la valeur des restitutions animales : la plus courante admet qu'elles compensent les exportations dans une proportion allant jusqu'à un tiers environ pour N et K2O. Les résultats des analyses de sol confrontés avec les exportations permettent de dresser le bilan de chaque élément en apportant des correctifs (fournitures éventuelles de N par les légumineuses, pertes par lessivage, mobilité des éléments). Les principes suivants président à la pratique de la fertilisation :- Maintien des réserves du sol en P2O5, K2O, CaO à un niveau tel qu'à aucun moment les plaintes ne souffrent d'un défaut d'approvisionnement ;- Apports d'azote au fur et à mesure des besoins, sous une forme directement assimilable ou aisément transférable.La réaction des prairies à la fumure, mise en évidence dans des essais, est le moyen le plus sûr de fixer les taux de la fertilisation et de juger de son économie.Les niveaux recommandés dans les conseils de fumure s'échelonnent entre les limites suivantes : N: 80-200 unités-ha et parfois 300 selon la vigueur de végétation que les prairies sont capables d'exprimer ; P2O5 : 80 unités en sols bien pourvus et 200-250 en sols pauvres ; K2O: 80-150 unités dans les prairies pâturées, 150-250 dans les prairies de fauche.A la création des prairies, le travail du sol est mis à profit pour y incorporer une fumure de fond comportant une provision de P2O5, valable pour plusieurs années étant donné que le problème de la pénétration de cet élément dans le sol se pose, un apport renforcé de K2O surtout quand il s'agit de maintenir des légumineuses dans le peuplement. Une fraction de fumure azotée est appliquée au moment du semis suivie d'un nouvel apport peu de temps après.En ce qui concerne la fumure pratiquée pendant les années d'exploitation, sa nature varie suivant les situations. Les amendements calcaires interviennent en terres franchement acides ; les engrais de ferme sont employés dans les régions à forte proportion de prairies, mais ils sont associés à des engrais minéraux ou inclus dans des rotations de fumure. L'usage subsiste de pratiquer une fumure de fond phosphatée et potassique à l'automne ou en hiver et une fumure azotée répartie par fractions au moment où les prairies en ont besoin. Les autres éléments de la fertilisation entrent en ligne de compte quand des carences sont constatées et lorsque l'efficacité des apports de ces éléments est démontrée expérimentalement.La fumure a des incidences sur la production des prairies, l'amélioration de la flore et de la qualité des fourrages, à la suite de quoi il ressort que les dépenses d'engrais sont payées moyenne deux à deux fois et demie par les suppléments de rendement. 

Grassland fertilization technics

A tendency to intensify grassland fertilization takes shape in all countries and is usually associated with the improvement of management practices. Though applying the same rules than that of any other crop, grassland fertilization raises some specific problems. In permanent mixed swards, nutrient removals are calculated as an average for the whole species present ; it has been suggested to consider only the needs of a dominant plant group, the grasses for instance, or species worthy of support ; such a system prevails in filet in the case of temporary grass. According to incidence of type of management on removals, a distinction is made between mown and grazed grassland, but different attitudes occur in the evaluation of animal excreta returned ; the most common is to assume a make up for a proportion of about one third for N and K2O. Results of soil analysis confronted with analysis permit to drew up a balance-sheet for each nutrient in making allowance for N supply from legumes, leaching losses and mobility of nutrients. Following principles are taken into consideration in fertilizer practices :Maintaining soil reserves for P2O5, K2O, CaO on such a level that plants have not to beer lack of supply at any time ;Fractioning nitrogen dressings along the growing season in a directly available or easily transformable form.
Field fertilizer tests giving the response of grass to manurial treatments are the surest way to assess the right levels of fertilization and their economy.Recommanded dressings in fertilizer advises grade into following limits : N : 80-200 units-ha, sometimes 300 according to the vigour of growth grassland is able to perform ; P2O5 / 80 units on well-supplied soils and 200-250 on poorer ones ; K2O : 80-150  units on grazed grass, 150-200 on mown grassland.In establishing new-grass, soil preparation allows the incorporation of a base fertilizer application involving a provision of phosphate for several years, with regard to the problem of penetration of this nutrient into the soil, and a generous dressing of potash. A nitrogen fraction is applied at seeding time, followed afterwards by another application.During the years of grassland utilization, the type of fertilization changes according to situations. Lime is applied on very acid soils ; animal manures are used in areas with a high percentage of grassland, but are associated with mineral fertilizers on included in alternate fertilization. The custom is to apply a basic dressing of phosphate or potash in autumn or winter and to split the nitrogen applications from early spring to the end of the season. Secondary and trace elements are taken into account in the case of deficiences an when the effectiveness of their use is proved experimentaly.Fertilizer treatment ensure better yields, improve the botanical composition of swards and the quality of herbage, the result of which is that fertilizer costs any repaid twice or two and a half times by additionnal yields. 

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