Numéro #137

15 mars 1994

Numéro non thématique

Choix et maîtrise du système fourrager. II- Indicateurs pour la gestion du pâturage tournant en élevage laitier

auteur : | co-auteur :

Pour étudier la conduite et la valorisation du pâturage tournant d'élevages laitiers, nous avons comparé 4 élevages (2 bovins et 2 ovins) très différents 2 à 2 quant au chargement et à la fertilisation azotée. Les estimations de quantité d'énergie fournie par la pâture sont plus élevées pour les élevages à fort chargement. Les valeurs les plus basses correspondent aux situations où la hauteur d'herbe résiduelle est la plus élevée et la croissance a priori la plus faible compte tenu des apports d'azote. Nous émettons l'hypothèse que les pertes par transformation du matériel vert et sénescent en litière entre 2 défoliations sont d'autant plus importantes que la hauteur d'herbe résiduelle est élevée. De plus, si la croissance est faible, le taux de perte s'accroît en valeur relative.
Ces premiers résultats nous permettent de discuter des modalités de gestion du pâturage tournant. La hauteur d'herbe résiduelle mesurée par un « sward stick » est un moyen indirect d'estimation de la quantité de feuilles potentiellement sénescentes pour un intervalle entre deux défoliations donné. Les hauteurs les plus basses (moins de 12 cm pour les bovins et de 10 cm pour les ovins) permettent de mieux valoriser l'herbe disponible que des valeurs plus élevées. Cependant, ces variables d'état du peuplement observables à l'échelle de la parcelle sont inadéquates pour décider des ajouts ou des retraits de parcelles. A cette fin, nous avons proposé de considérer le volume d'herbe par équivalent vache, calculé à partir de mesures de hauteur d'herbe sur l'ensemble des parcelles de la sole pâturée. L'estimation régulière d'un volume au niveau de la sole serait alors un indicateur permettant d'adapter la surface pâturée.

Mots-clés : | | | | |

In order to study rotational management in dairy farms, we compared pairwise 4 farms (2 with dairy cows and 2 with dairy ewes) differing in stocking rates and in nitrogen supplies. The estimated amounts of energy provided from grazing were highest in the farms with a high stocking rate. The lowest estimations came from cases where residual herbage was greatest and nitrogen supply smallest. We hypothesize that the losses from senescent leaves between two defoliations increased with residual plant height.
On the basis of these first results, the practices of management of rotational grazing are discussed. Residual sward height was an indirect means of estimating the amount of potentially senescent leaves. We showed that the lowest observed sward height (less than 12 cm for cows, and less than 10 cm for ewes) provided a better value form the available herbage than greater heights. However, these sward characteristics were inadequate for deciding which plots to add or to remove. To do this, we propose to consider the volume of available herbage per livestock unit (cow equivalent), calculated from sward height measurements taken on all the plots used for grazing. Regular estimations of volume could be a means of adapting the area allotted to grazing.

Télécharger l'article

PDF - 866,82 ko