Numéro #222

30 juin 2015

Prairies, services écosystémiques et intensification écologique. Les apports du projet Mouve (2e partie)

Des cendres de la forêt à l'économie verte, l'évolution agraire en Amazonie orientale traduit-elle un mouvement d'intensification écologique ?

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Dans les zones déforestées d'Amazonie orientale brésilienne, aujourd'hui dominées par des pâturages de Brachiaria bryzantha très peu productifs et gérés extensivement, peut émerger une dynamique d'intensification écologique, à même de mieux valoriser l'énorme potentiel agricole et écologique, et la capacité d'innovation des acteurs locaux.La recherche de productivité, moteur de l'intensification, est modifiée par les changements institutionnels et réglementaires du Brésil ; ces changements de fonctions auquel l'élevage bovin est confronté sur les fronts pionniers amazoniens peut générer un mouvement d'intensification écologique. Une diversité de pratiques plus ou moins artificialisées sont observées dans les agroécosystèmes. L'intensification écologique permet des gains de productivité (en passant à 1,8-2 unités animales/ha/an), notamment par l'adoption de Panicum maximum et une bonne gestion du pâturage ; le recours à des intrants chimiques permet des niveaux plus élevés d'intensification. Réglementer l'accès à ces intrants, valoriser sur les marchés les produits issus d'une intensification écologique permettraient d'éviter une artificialisation généralisée des agroécosystèmes.

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Agricultural changes in the western Amazon and the emergence of ecological intensification: can a green economy rise from the ashes of the rainforest?

Deforested areas of the Amazon rainforest in western Brazil have been converted into intensively managed Brachiaria bryzantha -dominated pastures characterised by poor productivity. However, such systems may be spurring ecological intensification, which would unlock the tremendous agricultural and ecological potential of such lands and encourage innovation by local stakeholders. Productivity research, the driver for intensification, has been shaped by institutional and legislative changes that have taken place since 2005. Diverse agricultural practices have emerged, leading to agroecosystems that vary in their degree of artificiality. Ecological intensification has boosted productivity (the number of live units/ha/year has climbed to 1.8–2.0), namely following the planting of Panicum maximum and the implementation of sound pasture management procedures. By effectively marketing products produced by these systems, and controlling access to inputs, it may be possible to prevent the proliferation of artificial agroecosystems.

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