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Revue numéro #265 - 2026technique

Atouts et faiblesses des systèmes ruminants du massif alpin pour la transition écologique : résultats du projet Décarbon’Alpes

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L’élevage structure les paysages dans les Alpes françaises avec des chargements inférieurs à 1 UGB/ha et de larges espaces en prairie entretenus. Le projet Decarbon’Alpes analyse les performances environnementales de 41 fermes herbivores, dont 49 % recourent aux alpages. Les exploitations ayant le plus haut degré de pastoralité ont une empreinte carbone plus faible par hectare. Comparées à d’autres systèmes pastoraux/de montagne, les fermes alpines étudiées montrent de meilleures contributions à l’entretien de la biodiversité, à la qualité de l’eau, mais une dépendance énergétique variable. L’intensité des émissions (quantité de gaz à effet de serre par unité de produit) est plus élevée. L’impact climatique final des fermes alpines est sensiblement réduit lorsque la séquestration de carbone (C) des sols est intégrée au calcul par CAP’2ER®. Aujourd’hui, les stocks de carbone organique mesurés sur le sol d’une vingtaine de parcelles d’élevage du projet sont élevés (i.e 110 tC/ha sur 0–30 cm) en comparaison à la moyenne des sols agricoles en France. Les variations annuelles de stock comptabilisées par CAP’2ER® n’étant pas reliées à la nature du sol, au climat local ou aux pratiques sur les parcelles mais uniquement à l’usage des sols, nous avons intégré ces éléments pour un chiffrage ajusté via l’outil CarSolEl sur des situations types (vallée, coteaux, alpages). Les résultats montrent une surestimation par CAP2ER du stockage de 174 kg C/ha/an en moyenne sur les quatre cas pédagogiques travaillés, comprenant des cultures et des prairies à différentes altitudes. De façon opérationnelle, cette approche plus sensible accroit le temps de diagnostic mais permet d’envisager l’effet de changements de conduites liées à l’adaptation climatique, au contexte économique ou à un souhait de maintenir la fertilité du sol, sur le stockage C du sol. Elle semble plus aisée à réaliser en vallée et moyenne altitude, du fait d’une meilleure accessibilité aux pratiques agricoles et à des mesures de sol plus aisées à réaliser. Ces résultats soulignent intérêts et contraintes à considérer dans la perspective de futures certifications carbone, en cohérence avec les exigences européennes en cours d’harmonisation.

Strengths and weaknesses of ruminant farming systems in the Alpine region for ecological transition: results of the Décarbon’Alpes project

Livestock farming shapes the landscapes in the French Alps with stocking rates below 1 LU/ha and large areas of maintained pasture. The Decarbon’Alpes project studies the environmental performance of 41 herbivore farms, 49% of which use mountain pastures. Farms with the highest level of pastoralism generate the lowest climate impact per hectare. Compared to national standards, Alpine farms contribute more to biodiversity and better water quality but have a variable energy dependency. Greenhouse gas (GHG) emissions per unit of product are nevertheless higher due to lower animal productivity. The overall climate impact is significantly reduced when soil carbon sequestration is included through CAP’2ER®. The measured carbon stocks in a selection of fields from the studied livestock alpine farms is 110 tC/ha at 0–30 cm, which exceed the French average on agriculture area. But annual stock variations accounted for by CAP’2ER® are only related to land use. Incorporating soil and climate as well as agricultural practices at different altitudes into C sequestration calculation by using CarSolEl on typical management fields case studies, indicates an average difference of -174 kg C/ha/year. Operationally, this more sensitive approach increases a lot the time required for the farm assessment, but it allows to simulate the effect on soil carbon of different adaptation strategy in response to climate change or to maintain soil fertility, which stimulates farmers-advisors exchange about smart climate farming. It seems easier to implement it in valleys and at mid-altitudes, due to better registration of agricultural practices and easier soil measurements to carry out to cover heterogeneity. These results highlight constraints to consider in perspective of future carbon farming certifications scheme, in line with ongoing European harmonization requirements.

CHAMBAUT H., Throude S., Di Franco F., Poulenard J. (2026). Atouts et faiblesses des systèmes ruminants du massif alpin pour la transition écologique : résultats du projet Décarbon’Alpes, Fourrages 265, 79-91. https://doi.org/10.64256/FOU2505