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Revue numéro #263 - 2025opinion

Contribution potentielle de la luzerne déshydratée à la souveraineté azotée et protéique de la France

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Depuis les années 1970, les exploitations agricoles françaises se sont spécialisées, augmentant leur dépendance aux intrants de synthèse et aux importations de matières riches en protéines (MRP). Les crises récentes ont ravivé les débats sur la souveraineté protéique et azotée. La luzerne, légumineuse fourragère, est une solution prometteuse pour répondre aux besoins azotée et protéique de la France. En effet, elle permet de réduire les besoins en azote minéral de 53 kg/ha/an dans une rotation culturale de 11 ans avec 3 années de luzerne. En outre, première productrice de protéines à l’hectare, c’est environ 284 000 tonnes de protéines digestibles dans l’intestin (PDI) qui sont produites chaque année. Ainsi, en augmentant les surfaces cultivées, la luzerne pourrait remplacer une grande partie du soja importé. Cependant, des défis subsistent, notamment les coûts de récolte et de conservation, ainsi que la nécessité de débouchés locaux. La filière luzerne déshydratée permet une synergie entre les zones d’élevage et de grandes cultures, contribuant à la souveraineté protéique et à la réduction des intrants de synthèse.

Potential contribution of dehydrated Alfalfa to France's nitrogen and protein sovereignty

Since the 1970s, French farms have become increasingly specialized, leading to greater dependence on synthetic inputs and imports of protein-rich materials (PRMs). Recent crises have reignited debates around nitrogen and protein sovereignty. Alfalfa, a forage legume, presents a promising solution to meet France’s nitrogen and protein needs. Indeed, it can reduce the need for mineral nitrogen by 53 kg/ha/year in an 11-year crop rotation that includes three years of alfalfa. Moreover, as the top protein producer per hectare, alfalfa yields approximately 284,000 tonnes of digestible intestinal protein (DIP) annually. By expanding cultivated areas, alfalfa could replace a significant portion of imported soy. However, challenges remain, particularly in terms of harvesting and preservation costs, as well as the need for local market outlets. The dehydrated alfalfa sector enables synergies between livestock and arable farming regions, contributing to protein sovereignty and reducing reliance on synthetic inputs.

POENTIS C., LABANCA H. (2025). Contribution potentielle de la luzerne déshydratée à la souveraineté azotée et protéique de la France, Fourrages 263, 49-52. https://doi.org/10.64256/FOU2469