Numéro #197

15 avril 2009

Diversité des systèmes fourragers de l'Europe laitière (2e partie)

Evolution structurelle et économique des exploitations laitières du nord de l’Union européenne de 1990 à 2005 : des trajectoires contrastées

auteur : | co-auteur :

Cet article présente, à partir des données individuelles du Réseau d'Information Comptable Agricole (RICA) européen pour la période de 1990 à 2005, une analyse comparative des trajectoires structurelles et économiques des exploitations laitières spécialisées de six bassins de production de l'Union européenne : le nord et l'ouest de la France, le nord de l'Allemagne, l'ouest et le nord de l'Angleterre, le Danemark et les Pays-Bas. Il souligne, tout d'abord, l'existence d'écarts importants de productivité du travail entre les exploitations laitières de ces bassins de production, tant en volume qu'en valeur. Tout en prenant acte des choix politiques propres à chaque Etat membre relativement au mode de gestion des quotas laitiers, une attention est portée aux facteurs explicatifs de ces écarts de productivité (niveau de spécialisation, recours à la sous-traitance, dynamique des investissements, substitution de capital au travail). Cet article discute ensuite du coût de production et du produit brut total par tonne de lait en identifiant les principaux points forts et points faibles des zones géographiques étudiées. Enfin, cet article s'intéresse à la relation entre la productivité du travail et la rémunération de la main-d'œuvre, en démontrant en quoi le choix de l'indicateur économique utilisé (revenu agricole ou cash-flow) peut interférer sur l'interprétation des résultats. Cette analyse indique que les exploitations laitières françaises sont favorisées par un coût plus modeste d'acquisition des facteurs de production (terre et quota), par des frais alimentaires bien maîtrisés et par un prix du lait supérieur à celui de l'Angleterre ou de l'Allemagne du Nord. Elles sont, en revanche, pénalisées par une productivité du travail plus modeste et par des frais de mécanisation plus élevés. Si la dynamique des investissements en bâtiments est moins soutenue qu'au Danemark, elle est meilleure que dans d'autres bassins, ceci témoignant d'une certaine confiance des producteurs de lait français dans l'avenir.

Mots-clés : | | | | | |
Structural and economic changes in the dairy farms of north-western Europe from 1990 to 2005 : contrasted paths

There have been considerable changes in the dairy farms of north-western Europe in the past fifteen years : new structures, often specialization, better productivity... but in view of the national contexts, large diversities remain. What is the situation of the French dairy farms in Europe ? What are their assets and what challenges will they face in the future ?
Individual data by the European RICA give the means of analysing the changes undergone by the specialized dairy farms in 6 production zones : northern and western France, Germany, England, Denmark and the Netherlands. The differences in the productivity of the work among the farms are linked to the level of specialization, to subcontracting, to the dynamics of investments, of the substitution of capital to labour. The production cost and the total gross product are discussed, while the main assets and liabilities of the zones studied are identified. The relationship between the productivity of work and the remuneration of labour is analysed (cash-flow). The French dairy farms are favoured by the low cost of land and of quotas, by well-controlled feed expenses, and by the price of milk ; on the other hand, they are penalized by their labour productivity and by the mechanisation costs. The dynamics of the building investments is a sign of a certain confidence of the farmers in the future.

Télécharger l'article

PDF - 619,72 ko