Impact de la méthode de collecte de semences natives sur l’installation des couverts, la composition de la flore et la biomasse produite
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Dans les zones d’élevage herbager de moyenne montagne, la recherche d’autonomie fourragère et de résilience des systèmes face aux aléas a conduit à explorer l’utilisation de semences prairiales natives pour la rénovation des prairies. Un essai a été réalisé, sur le domaine expérimental du Lycée agricole de Saint-Flour, afin de comparer les performances de mélanges de semences natives collectées selon trois modalités (brosseuse, moissonneuse-batteuse, foin vert) à celles d’un mélange commercial, en interaction avec deux modes d’implantation (labour et sursemis). La production de biomasse et l’évolution de la composition botanique ont été suivies pendant quatre années. Les résultats montrent une interaction significative entre l’origine des semences et le mode d’implantation. Les semences commerciales expriment leur potentiel principalement après labour, tandis que les semences natives présentent de bonnes performances en sursemis. Les niveaux de biomasse obtenus avec les semences natives sont globalement comparables à ceux des mélanges commerciaux. Le sursemis favorise le maintien de la flore en place et limite l’expression d’espèces rudérales, contrairement au labour qui active la banque de graines du sol. Le transfert de foin vert apparaît comme une méthode pertinente, qui combine facilités de mise en œuvre, coûts réduits et effets positifs post implantation. Toutefois, la réussite du sursemis dépend fortement de la gestion de la concurrence exercée par les espèces déjà en place. Ces résultats confirment l’intérêt des semences natives locales pour concilier production fourragère, diversité floristique et autonomie des systèmes herbagers.
Impact of the native seed collection method on ground cover establishment, plant community composition, and biomass production
The quest for forage autonomy and system resilience in the face of uncertainty has led to exploring the use of native grassland seeds for grassland renovation. A trial was conducted on the experimental farm of the Saint-Flour Agricultural College to compare the performance of native seed mixtures collected using three methods (brush, harvester, green hay) with that of a commercial mixture, in interaction with two seeding methods (plowing and overseeding). Biomass production and changes in botanical composition were monitored over four years. The results show a significant interaction between seed collected technic and seeding method. Commercial seeds express their potential mainly after plowing, while native seeds perform well when overseeded. The biomass levels obtained with native seeds are broadly comparable to those of commercial mixtures. Overseeding promotes the maintenance of the existing flora and limits the expression of ruderal species, unlike plowing, which activates the soil seed bank. The transfer of green hay appears to be a particularly effective method, combining ease of seeding, low costs, and positive post-establishment effects. However, the success of overseeding depends heavily on managing competition from other species. These results confirm the value of native local seeds in balancing forage production, floral diversity, and the autonomy of grassland systems.
CARRERE P., TOMMASINO J., POUVREAU M., RONDEAU N., Rieutort C., Armengaud A., CAMPAGNE J.-L., BOILLOT M. (2025). Impact de la méthode de collecte de semences natives sur l’installation des couverts, la composition de la flore et la biomasse produite, Fourrages 267, 67-76. https://doi.org/10.64256/FOU2501
Auteurs
- CARRERE PASCAL
- TOMMASINO J.
- POUVREAU M.
- RONDEAU N
- Rieutort C.
- Armengaud A.
- CAMPAGNE J.-L.
- BOILLOT MAXIME
Mots-clés
- Prairies
- Restauration
- Biomasse
- Composition botanique
- Sursemis
Keywords
- Grasslands
- Restoration
- Biomass
- Botanical composition
- Overseeding