Numéro #174

07 juin 2003

Fourrages, protéines et environnement : de nouveaux équilibres à construire (1re partie)

L'approvisionnement en protéines de la France dans son contexte européen et mondial

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L'autonomie protéique des exploitations agricoles dépend, certes, de choix effectués par l'agriculteur, mais ceux-ci sont conditionnés par un contexte plus large : l'approvisionnement, les prix des différents produits (matières premières, aliments composés, produits de substitution...), les réglementations et politiques en vigueur... Avant d'aborder les aspects techniques du sujet, il est utile de brosser une rapide description de l'approvisionnement de la France en protéines.

En France, en 2000, l'alimentation animale représente environ 95 Millions de tonnes (Mt) de matière sèche (MS) de fourrages et 24 Mt de produits issus de grandes cultures, ainsi que 6 Mt de produits concentrés importés, riches en protéines (MRP) comme le tourteau de soja, indispensables pour l'élevage intensif. Les bovins représentent 45% de la consommation de MRP, dont 2/3 pour la production laitière. Depuis 1990, l'accroissement de l'utilisation des céréales s'est accompagné de celui de tourteau de soja. Bien que productrice de protéagineux, la France paraît incapable de répondre au niveau de la demande. L'Agenda 2000 a dégradé la compétitivité des ces cultures. Or, la France et l'UE doivent ré-équilibrer cette situation si elles veulent peser à l'échelle internationale sur la qualité des matières premières (OGM). Pour conforter la production d'oléagineux et de protéagineux, la Recherche doit obtenir des gains de productivité et les Pouvoirs Publics soutenir ce secteur, sans oublier que les fourrages permettent de limiter la demande en MRP.

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The protein supply in France, as influenced by European and world conditions

Protein self-sufficiency on the farms undoubtedly depends on the farmers' decision, but it is also influenced by outside factors : supplies, costs of various produce (raw materials, compound feeds, substitutes...) and also the regulations and policies in force. Therefore , before dealing with the technical aspects of the matter, it is useful to analyse the global protein supply of France.
In 2000, livestock feeding used some 95 M tons DM from forages and 24 M tons from arable crops, as well as 6 M tons imported high-protein concentrates, such as soybean cakes, which are indispensable in intensive farming. Some 45% of the latter went into cattle feeds, mostly (two thirds) for dairying. From 1990 onwards, the increase in cereal utilization has been parallel to that in soybean cake utilization. France, although a producer of high-protein crops, seems unable to meet the demand. The 'Agenda 2000' has diminished the competitivity of these crops. France and the European Union must redress this situation if they want to have a say in the matter of raw material quality (genetically modified organisms) on an international scale. Strengthening the production of high-protein crops supposes the improvement of productivity through research, and the support of this sector by the public authorities; notwithstanding the fact that forages do constitute a way of limiting the demand in high-protein feed.

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