Numéro #62

15 juin 1975

L'herbe face à la crise de l'énergie et des protéines

Les aspects actuels de l'énergie en agriculture

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La crise récente de l'énergie, liée à l'augmentation brutale du prix du pétrole, a provoqué de nombreuses réflexions concernant le rôle de l'énergie dans le monde moderne.On utilise en France, actuellement, environ 160 millions de tonnes de produits pétroliers. Cette consommation d'énergie est liée à la transformation profonde du mode de vie de l'homme moderne qui, d'une part, s'est efforcé d'accroître l'efficacité de son travail en remplaçant l'intervention manuelle par celle des machines et qui, d'autre part, a créé des besoins nouveaux.L'énergie consommée se répartit grosso modo à raison de 30 % pour le chauffage, 30 % pour les besoins de l'industrie, 30 % pour les transports, l'agriculture consommant un peu moins des 10 % restants. Si on fait le rapport entre l'énergie fixée par les plantes et l'énergie dépensée pour produire ces végétaux dans le système de culture actuel, on constate qu'on fixe cinq à dix fois plus d'énergie que l'on n'en consomme. En Israël, il semble que l'on consomme déjà plus d'énergie que l'on n'en fixe.Si ce bilan est fait au niveau de l'assiette du consommateur, l'énergie dépensée pour transporter, conserver, conditionner et cuire les aliments fait que nous consommons autant, sinon plus d'énergie fossile que l'énergie fixée par le soleil. Une réflexion s'impose pour accroître l'efficacité de l'énergie investie en agriculture, c'est-à-dire, soit obtenir une plus grande quantité d'énergie fixée du soleil pour une même quantité d'énergie dépensée, soit réduire en valeur absolue la quantité d'énergie utilisée pour fixer l'énergie solaire. Des progrès sont possibles par une meilleure utilisation des moyens de production actuels (par exemple, une plus large utilisation des plantes fixatrices d'azote), par une meilleure maîtrise de l'alimentation des animaux, par l'utilisation rationnelle des sous-produits.Il importe de mieux connaître le coût en énergie des différentes interventions d'un agriculteur et de rechercher comment, techniquement, on pourra économiser celle-ci en utilisant mieux les techniques culturales connues ou en en imaginant de nouvelles. 

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Present problems of energy in agriculture

The recent crisis of energy, linked to the violent rise in oil price, caused numerous reflections to be made on the part played by energy in the modern world.About 160 million tons of oil products are presently used in France. This consumption of energy is related to the deep transformation of the way of life of modern man, who on the one hand has tried to increase the efficiency of his work by replacing manual labour by machinery, and on the other hand has created new needs.The distribution of the amount of energy consumed is roughly 30 % for fuel, 30 % for industrial uses, 30 % for transports, while agriculture takes up a little less than the remaining 10 %. If the ratio is calculated between the energy fixed by the plants and the energy used to produce these plants, it is found that the present system fixes 5 to 10 times more energy than it consumes. In Israel, it appears that there is already more energy used than fixed. If the calculation is done at the level of the consumer's plate, allowing for the energy cost of transport, conservation, transformation and cooking, of the foodstuffs, it turns out that we consume as much fossil energy as solar energy, if not more.We have therefore to ponder how to increase the efficiency of the energy invested in agriculture, which means either to get more energy fixed from the sun for the same amount of energy spent, or to lessen the level of energy used for the fixation of solar energy. Progress is possible, by means of a better use of the present production methods (such as wider use of nitrogen-fixing plants), a better mastering of the feeding ,of animals, a rational utilization of the by-products.It is important that the energy costs of the various agencies of the former be better known, and that new ways of saving this energy be looked for, by a better utilization, of the known cultivation techniques, or by the creation of new ones. 

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