Numéro #202

15 juin 2010

Les usages émergents des surfaces prairiales et des espèces fourragères (1ère partie)

Les couverts herbacés comme outils de réduction des pertes en terre par érosion hydrique (synthèse des connaissances et expérience de la Haute-Normandie)

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En quarante ans, l'érosion hydrique s'est étendue sur plusieurs territoires agricoles de France, du fait de l'évolution des systèmes de production en grandes cultures. Les taux d'érosion moyens s'échelonnent entre 0,1 t/ha/an à 50 t/ha/an en fonction de l'occupation du sol et de son taux de couvert, de la pente, de la texture du sol et des conditions de pluviométrie. Les couverts herbacés ont fait l'objet de nombreuses études sur leur capacité à réduire l'érosion, dont cet article fait une synthèse. Ces types de couverts présentent un triple intérêt. Ce sont avant tout des surfaces peu ruissellantes, qui protègent le sol de l'érosion diffuse et de l'érosion linéaire. Ainsi, les régions qui ont des sols érodables, mais qui ont conservé une forte proportion de surfaces en herbe, présentent des risques d'érosion limités. Les couverts herbacés localisés, notamment sur les tournières avales, ont une réelle fonction de rétention des matières en suspension. Le taux d'abattement de la charge solide varie de 30 à 99%. Parallèlement, les éléments chimiques fixés sur les particules, comme le phosphore, sont retenus. Les couverts herbacés localisés sur le chemin de l'eau contribuent aussi à reduire les écoulements par leur grande capacité d'infiltration. En l'absence d'hydromorphie et de tassements, l'infiltrabilité y est généralement supérieure à 100 mm/h. Dans les régions de grandes cultures frappées par l'érosion hydrique sous ses différentes formes, les couverts herbacés sont utilisés en priorité, avec des localisations pertinentes (bande enherbée de bord de réseau hydrographique, tournières avales enherbées et chenaux enherbés sur talwegs). Avec 1 à 5% (en moyenne) des surfaces herbacées positionnées sur le chemin de l'eau, le taux de matières en suspension piègé s'échelonne entre 30 et 60%. 

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Grass covers as tools for the reduction of soil losses by water erosion (a synthesis of knowledge and of information gained in Upper Normandy)

Water erosion has been expanding for forty years in certain parts of France as a result of the changes in the production systems of the field crops. The ability of grass covers to reduce this erosion has been the object of numerous studies, synthesized in the present paper. The advantages of grass covers are threefold. Above all, they have little run-off, so that the soil is protected from diffuse erosion and from linear erosion. Localized grass covers (on downstream field-ends and in the thalwegs) have a real retention capacity for the substances in suspension and for the chemicals attached to them (e.g. phosphorus). These covers do also contribute to the reductions of the water discharges thanks to their large infiltration capacities (infiltration power generally above 100 mm/h). In regions with field crops where erosion is a problem, the pertinent location of grass covers along the paths of water makes it possible for 1 to 5 % of areas under grass to trap from 30 to 60 % of the substances in suspension. 

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