Numéro #134

15 juin 1993

Nouvelles perspectives pour les légumineuses fourragères I-Les grandes légumineuses

Relation entre croissance et qualité de la luzerne : interaction génotype-mode d'exploitation

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Après un rappel des modèles permettant d'estimer la croissance potentielle de la luzerne en situation non limitante, plusieurs possibilités d'amélioration de la productivité de cette espèce sont envisagées : prolongement de la saison de production en automne, accélération de la restauration de l'indice foliaire après une coupe. Les modèles qui permettent de coupler l'évolution de la qualité de la luzerne au cours d'une repousse à la croissance en matière sèche montrent que toute augmentation de production à une coupe donnée se traduit par une diminution des teneurs en MAT et de la digestibilité. La seule possibilité d'accroissement de la production à qualité constante est l'augmentation du rythme de coupe et par conséquent du nombre de coupes annuel. Une telle modalité d'exploitation pose le problème de la pérennité des peuplements. Des résultats récents montrent que cette dernière semble en grande partie déterminée par la mise en réserve et la remobilisation de l'azote des pivots racinaires dont la dynamique semble liée à la vitesse de reconstitution de l'appareil foliaire. Ainsi, des génotypes à croissance rapide devraient pouvoir être récoltés plus fréquemment permettant une meilleure optimisation des relations entre productivité, qualité et pérennité.

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Productivity models for Lucerne are briefly presented. They give two possible ways of improving crop yield : i) by extending the growth season in autumn or ii) by speeding up the development of the leaf area after cutting. The models that relate the decrease in quality of Lucerne to the rate of dry matter accumulation show that a yield increase at a given cut is always compensated by a decrease in both protein content and digestibility of the forage. The only way of increasing the yield without loss of quality is by increasing the cutting frequency and the number of cuts per year. This type of management would however entail a poorer persistency. Recent observations show that the persistency of Lucerne is mainly determined by the level of protein reserves in the roots. The dynamics of storage and utilization of protein reserves in tap roots are directly connected with the dynamics of leaf area development after cutting. Genotypes with a high rate of leaf area development should therefore be able to withstand frequent cuts and make possible a better balance between productivity, quality and persistency.

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