Journées de Printemps 2020

du 03 novembre 2020 au 04 novembre 2020

Produire des fourrages dans un contexte de changements climatiques.

Utilisation du sorgho fourrager dans une ferme laitière de l’Isère

LAVAL J. Laval L.

Le GAEC le Mas d’Illins, dans le Nord de l’Isère produit 700 000 litres de lait en agriculture biologique, avec 100 vaches laitières, sur une SAU non irriguée de 150 ha. L’exploitation connaît des conditions pédoclimatiques séchantes. Le parcellaire étant favorable au pâturage, les éleveurs ont choisi de supprimer la culture de maïs et de conduire le troupeau le plus possible en pâturage. Mais en été, les 50 ha de prairies temporaires pâturées ne suffisent pas pour assurer les besoins des vaches laitières. Depuis plusieurs années, ils ont recours au sorgho fourrager multicoupe afin de compléter la production estivale de pâturage ou d’affouragement en vert. Il représente entre un tiers et la moitié de la ration fourragère des laitières en juillet et août, et au total près de 550 kg de matière sèche par vache et par an. Munis de ce renfort pour l’été, ils ont choisi d’orienter les prairies temporaires plutôt dans la production d’herbe de printemps. La phase capitale est l’implantation : fin mai ou début juin, après avoir exploité la prairie en place, en choisissant de préserver l’humidité dans le sol pour une levée rapide. Le rendement dépend ensuite des précipitations et de la chaleur, et peut atteindre 5 ou 6 tonnes de MS/ha. Le coût de production du sorgho pâturé a été estimé à 320 €/ha, soit 53 €/t MS pour un rendement à 6 t avant pertes. Il n’y a que l’herbe pâturée produite sur place pour être moins chère, en moyenne sur la saison. Les vaches sont gourmandes du sorgho fourrager multicoupes. En début de parcelle, au stade 50 cm, la production de lait représente une augmentation de 1 à 1,5 litre/vache/jour par rapport à l’herbe qu’elles pâturaient précédemment. La pousse étant rapide, les parcelles sont souvent achevées en affouragement en vert pour éviter le gaspillage au champ.
Pour optimiser la valorisation des parcelles en sorgho, le GAEC cherche le moyen de décaler l’arrivée au bon stade des différentes parcelles, afin d’allonger la plage d’utilisation à la meilleure valeur.

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