Journées Professionnelles 2004

le 23 mars 2004

La Biodiversité des Prairies. Un patrimoine - un rôle fonctionnel

Les typologies de prairies, d'un outil agronomique à un objet de médiation entre agriculture et environnement

Fleury P. Petit S. Vansteelant J.Y. Plaige V.

L'objectif de cet article est de montrer comment les typologies de prairies réalisées dans les Alpes du Nord ont évolué dans leur conception mais surtout dans la façon dont elles ont été mobilisées dans l'action. A l'origine outil d'aide au conseil technique sur les prairies, elles prennent aujourd'hui un rôle d'aide à la médiation entre les techniciens agricoles et les techniciens de l'environnement. Dans les Alpes du Nord, les premières typologies ont été élaborées par le Groupement d'Intérêt Scientifique (GIS) des Alpes du Nord pour prendre en compte la diversité des pratiques des agriculteurs et formuler un conseil technique approprié pour la gestion des ressources fourragères. Une typologie des prairies de fauche d'altitude a été établie, par la suite, en Haute-Maurienne. Elle a permis de formaliser un objectif commun à la base de la négociation d'un cahier des charges agri-environnemental entre le Parc national de la Vanoise et les agriculteurs. Enfin, plus récemment, une typologie enrichie de critères de biodiversité a été établie sur le territoire du Parc naturel régional du Haut-Jura. Elle fournit à la fois des informations sur la valeur agronomique des prairies et leur valeur environnementale. Le croisement de ces deux types d'informations s'est traduit par l'ouverture de débats étendus à l'évolution de l'agriculture et à sa place dans le développement rural. Dans les typologies de Haute-Maurienne et du Haut-Jura, la biodiversité a été prise en compte soit comme un critère de gestion dans un espace protégé où l'agriculture permet le maintien d'espaces ouverts, soit comme un facteur de production dans un territoire où la production de fromage de qualité s'enracine dans une identité culturelle et paysagère. Les typologies, autrefois mobilisées pour un conseil technique agricole, participent donc aujourd'hui à des débats d'ordre plus général sur les relations entre l'agriculture et le territoire.