Journées Professionnelles 2007

le 17 décembre 2007

Prairies, Fourrages & Impacts sur la Qualité de l'Eau

Impact du système fourrager sur la qualité de l'eau. Enseignements issus du projet Green Dairy

Raison C.

Chambaut H., Le Gall A., Pflimlin A.
Le projet Green Dairy s'est intéressé aux flux d'azote et de phosphore et à leur impact sur la qualité de l'eau dans onze régions de production laitière de l'Espace Atlantique allant de l'Ecosse au Nord Portugal. L'étude a mobilisé 3 niveaux d'approches complémentaires : (i) un suivi en exploitations laitières afin de mieux cerner les excédents d'azote et de phosphore à l'échelle de l'exploitation et les pratiques, (ii) des mesures en fermes expérimentales pour quantifier les pertes d'azote vers l'eau et l'air, enfin (iii) des observations à l'échelle du bassin hydrographique afin de faire le lien entre les pratiques agricoles et la qualité de l'eau. Cette présentation se limite aux deux premiers aspects.
Les régions concernées permettent de couvrir une large diversité de systèmes de production, de pratiques et de contextes pédoclimatiques. Ainsi, dans les Iles britanniques, les systèmes herbagers sont basés principalement sur les prairies de longue durée. Ils produisent plus de 8 500 l lait/ha SAU et consomment plus de 250 kg N minéral/ha SAU. Les excédents d'azote et de phosphore sont proches de 225 kg N/ha SAU et de 12 kg P/ha SAU. Les systèmes très intensifs du sud se caractérisent par un chargement de plus 4 UGB/ha et plus de 25 000 l lait produit/ha, des vaches en stabulation quasi-permanente et un important recours aux concentrés achetés et aux engrais minéraux. Dans ces conditions, les exploitations affichent un excédent de 380 kg N/ha et 56 kg P/ha. Les systèmes de cultures fourragères de l'Ouest de la France, avec des prairies et des cultures en rotation, apparaissent comme les plus optimisés. Les améliorations de pratiques apportées depuis plusieurs années permettent d'atteindre des excédents proches de 100 à 150 kg N/ha et 15 à 22 kg P/ha. Toutefois, dans ces systèmes, les pertes d'azote nitrique par lessivage se situent autour de 50 kg N/ha et sont supérieures à celles observées dans les systèmes herbagers des Iles britanniques (proches de 20 kg N/ha), où les conditions de sol et d'humidité sont plus favorables à l'organisation de l'azote dans le sol et à la dénitrification. Dans les systèmes de cultures fourragères de l'Ouest de la France, la part de maïs et d'herbe semble avoir peu d'incidence sur les pertes par lessivage à chargement équivalent et lorsque les pratiques sont optimisées.

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