Numéro #31

15 septembre 1967

La production fourragère en montagne

Etat actuel et amélioration de la production fourragère dans le sud du Massif Central

auteur :

L'exposé concerne la partie Sud du Massif Central qui s'étend sur les pays jurassiques des Grands Causses et les terrains primaires du Lévézou et du Rougier de Camarès.Ces régions sont soumises à un climat de transition entre les climats méditerranéen, continental et océanique. Les végétaux doivent donc résister au froid et à la sécheresse, d'où une irrégularité de la production fourragère. Ces régions tirent leur principal revenu de la production de lait de brebis et c'est du point de vue de cette spécialisation que la production fourragère de ce territoire doit être envisagée.La production fourragère actuelle se présente sous deux formes :- les prairies artificielles : Luzerne, Trèfle violet, Sainfoin, procurent 35 à 50% des unités fourragères consommées dans l'année à la bergerie. Leur capacité de production est de l'ordre de 2.500 à 3.500 U.F. dans tous les sols de qualité convenable. Elles sont peu ou pas fertilisées, mal exploitées, parfois surpâturées ;-les terrains de parcours sont particulièrement importants sur les Grands Causses. La production de l'herbe y est faible, de 100 à 400 U.F./ha. Cette ressource fourragère n'est disponible que pendant une courte période de l'année. L'herbe de ces parcours est pauvre en quantité et en qualité.La production agricole de cette partie Sud du Massif Central est orientée vers l'élevage ovin et, en priorité, vers la production de lait de brebis, car en moyenne les brebis laitières valorisent l'hectare mieux que les brebis-viande et bien mieux que les vaches ; c'est donc vers les productions fourragères que doivent se diriger les efforts.L'amélioration de la production fourragère en terres labourables a porté sur :1° Les prairies artificielles : Les Luzernes et le Sainfoin ont une capacité de résistance à la sécheresse qui n'existe pas chez les graminées. De plus les légumineuses sont précieuses pour la fourniture de protéïnes que la brebis laitière exige en quantité si élevée.Les résultats d'essais permettent de constater que Luzerne et Trèfle violet sont, avec la Fétuque élevée, la Fléole et le Dactyle les espèces les plus productives. Les potentialités du Sainfoin, Lotier et Trèfle blanc sont beaucoup plus faibles.La Luzerne restera la plante fourragère de base, et on lui donnera la préférence dans toutes les situations où sa culture est possible. Le Trèfle violet a sa place dans les terres acides du Lévézou. Le Sainfoin présente une productivité inférieure à la Luzeme, sauf dans les terres pauvres des Causses.2° Les prairies temporaires de graminées et légumineuses ou de graminées pures :Elles offrent un bon pâturage tôt à la fin de l'hiver et tard à l'automne et procurent l'unité fourragère la moins chère.Les Dactyles de précocité intermédiaire et tardifs et les Fétuques élevées peuvent être associés à la Luzerne dans les terrains qui conviennent à celle-ci.Les Fétuques des prés sont trop sensibles à la sécheresse. Les Ray-grass d'Italie et hybride, sensibles à la sécheresse et au froid seront réservés aux fonds de vallées.Les Ray-grass anglais précoces méritent d'être étudiés.Pour l'ensemble des graminées, le niveau de rendement varie avec la profondeur du sol.Les problèmes relatifs aux techniques culturales et à l'exploitation de la prairie temporaire sont évoqués. L'auteur donne un échelonnement de la production des graminées dans le temps par rapport à la production totale annuelle.Pour utiliser au mieux les terrains de parcours, ceux-ci devraient être répartis en trois catégories :- les terrains qui peuvent être cultivés dans des conditions techniques et économiques satisfaisantes ;- ceux qui doivent être boisés ;- les terrains à laisser en pâturage extensif.En conclusion, l'accroissement des ressources fourragères doit être recherché d'abord sur les terres cultivables grâce à une meilleure exploitation des prairies artificielles et à l'extension des prairies temporaires intensives. 

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Present state and improvement of forage production in southern Massif Central

This paper deals with the Southern part of "Massif Central", which extends on the Jurassic Grands Causses and on the Primitive Rougier de Camarès.The climate of these regions is transitional between the Mediterranean, continental and oceanic climates, Plants must therefore be able to resist cold and drought, and forage production is irregular. The main source of income of these regions is the production of ewe's milk, and forage production is this area should be looked at from the point of view of this specialization.The present forage production takes two forms :- legume crops : Lucerne, Red Clover, Sainfoin, supply 35 to 50 % of the Fodder Units consumed in the sheep-fold during the year. Their potential production is of the magnitude of 2 500 to 3 500 Fodder Units in ail soils of proper quality. They are little or not fertilized, badly managed, sometimes overgrazed ;- rough grazings are specially important on the Grands Causses. Grass production there is poor : 100 to 400 Fodder Units per hectare. Their fodder resources are available for a short time in the year only, and the herbage is of poor quality and quantity.Agricultural production in this Southern part of Massif Central is directed towards sheep rearing and, with priority, towards the production of ewe's milk, since greater profit is made out of one hectare with dairy ewes than with mutton ewes, not to speak of cows ; efforts should therefore beer on forage production.On arable lands, the improvement of forage production has concerned :10 legume crops : Lucerne and Sainfoin resist drought better than do the Grasses. Moreover legumes are a valuable source of proteins, so much needed by dairy ewes.The experimental results show that Lucerne and Red Clover are with Tall Fescue, Timothy, and Cocksfoot, the most productive species. The potentialities of Sainfoin, Bird's Foot Trefoil and White Clover are much lower.Lucerne will remain the basic forage species and will be given preference wherever it can be grown. Red Clover will find its place on the acid soils of Lévézou. The production of Sainfoin is inferior to that of Lucerne, except on the poor grounds of the Causses.2° Leys grown with grasses and legumes or with grasses only :A good grazing is possible on them, early at the end of winter or late in autumn, and they supply the cheapest fodder units.Cocksfoot of intermediate or late heading-date and Tall Fescues may be associated with Lucerne on the grounds suitable for the latter species.Meadow Fescues are too sensitive to drought.Italian and Hybrid Ryegrasses are sensitive to drougth and to cold and should only be grown on the bottom of the valleys.Early Perennial Ryegrasses are worth investigating.The yield level of all grasses varies with soil depth.The problems regarding cultivation techniques and the management of leys are considered. The author shows how the production of the grasses is distributed in time in comparison with the total annual production.In order to utilize the rough grazings in the best way, they should be divided into three lots :- those that may be cultivated under satisfactory technical and economic conditions ;- those that should be forested ;- those that should be left to extensive grazing.Finally, the increase of forage resources should be sought first on arable lands, through a better management of the legume crops and through the extension of intensive leys. 

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