Numéro #192

03 janvier 2008

Prairies, fourrages et impacts sur la qualité de l'eau (1re partie)

Rôle des prairies dans le cycle de l'eau. Comparaison avec la forêt

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Les prairies, bien qu'en régression régulière, couvrent encore plus du cinquième du territoire français métropolitain. Comme les autres types de végétations, elles jouent un rôle important dans les cycles biogéochimiques, dont le cycle de l'eau.
Dans les écosystèmes terrestres, les facteurs du climat déterminent en premier lieu les différents flux d'eau, notamment l'évapotranspiration réelle (ETR), égale à la somme de la transpiration et de l'évaporation du sol. Cette ETR résulte aussi des régulations au niveau des deux interfaces pour les transferts hydriques : du sol aux racines et des feuilles à l'atmosphère. L'indice foliaire (LAI) et le cycle phénologique annuel des couverts végétaux jouent un rôle particulièrement important dans l'ETR : par exemple, un couvert pérenne (prairie, forêt de résineux) peut transpirer toute l'année, ce qui représente une source de différence avec les végétations à cycle phénologique court. Les coupes pratiquées sur les prairies et sur les forêts (éclaircies) diminuent temporairement leur ETR. En moyenne, le LAI des forêts est plus élevé que celui des prairies des cultures. En conséquence, la transpiration des forêts est en moyenne plus élevée que celle des végétations basses. Les prairies et les forêts possèdent souvent des systèmes racinaires profonds, à relativement plus forte capacité d'extraction de l'eau du sol que les cultures annuelles.
Une autre particularité qui distingue les forêts et les végétations basses est l'existence d'un flux d'évaporation de l'eau liquide important lorsque le feuillage est humecté par la pluie, ce qui a pour conséquence directe un relatif déficit en eau arrivant au sol, par rapport aux prairies et aux cultures.
Des forts niveaux d'ETR et une interception des précipitations élevée chez les forêts ont pour conséquence, lorsqu'on effectue le bilan hydrique, l'existence d'un flux de drainage de l'eau plus faible que sous prairie.

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Role of grasslands in the water cycle. Comparison with woodlands

The water cycle of plant covers is under the influences of the climate, the hydric properties of the soil, and the physiological and structural characteristics of the swards. What are the specific effects of the pasture swards on the hydrological process ?
A rapid review of the various levels and studying methods of the water cycle is followed by the description and analysis of the cycle's constituents as regards the different types of sward. The actual evapo-transpiration (AET) depends on the local climatic characteristics but also on the sward's leaf area index and on its phenology (duration of the growing season and possible cuts). The AET of woodlands is on the whole larger than that of perennial grasslands, the latter being itself larger than that of annual crops. Analyses made at the scale of the catchment basins show that these variations have marked effects on the water drainage, which is less under woodland covers. There is also a large macro-porosity present in woodland and grassland soils, with a regulating effect on the water flows (limitation of the erosion and filtration).

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